Pour nous, la famille, les proches, c’est la routine : ni on vole, ni on ment, et ?a, trois cent soixante-cinq jours par an. Seulement parfois, il y a des sheitans à la croisée des chemins dont la seule raison d’être est de nous faire oublier notre code moral. La tentation de verser dans la petite délinquance est alors bien présente.
Venons-en aux faits. Du coté de Laumière, le long du canal de l’Ourcq, il y a un parc ouvert de jour comme de nuit. C’est là qu’on se rend quand les gosses deviennent incontr?lables en fin de journée. Vous savez, lorsqu’ils tournent en rond comme des animaux en cage dans l’appartement. Ils commencent par se chamailler pour une broutille avant d’en venir aux mains. Ce samedi soir (il y a quelques semaines de cela), ?a fait bien deux heures que nos petits jouent pendant que nous, mamans, discutons sur banc. A 22 heures, on décide de lever le camp.
C’est alors qu’un homme typé fran?ais de souche, la trentaine, que nous n’avions pas remarqué jusque-là, nous fait des signes. Mais qu’est-ce qu’il nous veut, celui-là ? Il tient un VTT à la main. Il insiste, me hèle : ? Madame, s’il vous pla?t ! ? Alors que mon esprit dit ? P… de m…, il va pas me lacher, ce tocard ?, ma voix répond ? oui ? ?. Encore un qui veut me gratter des euros.
Ce n’est pas tout à fait ?a : il me propose de lui acheter son vélo. Je lui dis ? combien ? ?, il me dit ? 40 ?. Je lui réponds ? j’en ai déjà un ?, même si c’est clair que c’est une bonne affaire, vu l’état neuf de son vélo. N’ayant pas mon sac sur moi, je lui dis que je ne peux rien faire pour lui, tout en le saluant rapidement. Je réalise vite que ce loulou-là est un toxico qui vient apparemment de voler un VTT à deux pas d’ici – il cherche à nous le refourguer dans la foulée.
Perso, je n’ai pas envie de marcher en tenant un vélo volé dix minutes plus t?t. Son propriétaire doit être en train de le chercher. Et puis, ce serait du recel et moi, je ne mange pas de ce pain là. On commence donc à rentrer tranquillement ma petite famille et moi, quand 100 mètres plus loin, il rapplique. Il me dit qu’il aime bien ma tête et sent que je suis ? cool ?. Pfff…
Alors il me tend le vélo et me dit : ? Tenez, madame, gardez-le, c’est pas grave, prenez mon numéro et si vous arrivez à le vendre vous m’en donnez 20 euros, je vous fais confiance. ? A ce moment là, les six enfants et mes deux voisines me regardent fixement. Elles attendent ma réaction. J’ai intérêt à faire gaffe à ce que je vais dire. Je suis sensée montrer l’exemple, ma décision est cruciale…
Pour tout vous dire, il ne m’a pas fallu 20 ans pour lui donner une réponse. Il se faisait tard, alors, face à l’insistance de cet inconnu, j’ai fini par accepter le deal. Après avoir noté son numéro, je me suis emparée du vélo devant six paires d’yeux qui n’en perdaient pas une. J’ai d? broder un peu après pour expliquer aux enfants la situation mais j’ai réussi à contourner les questions gênantes, du genre ? c’est vrai qu’il l’a volé, le vélo, le monsieur ? ?.
C’est un jeune titi du quartier qui a bien voulu m’en débarrasser. Gracieusement. Il s’en sert pour aller au travail. Depuis, il ne fraude plus le métro.
montre iwc
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